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Chaumont-Gistoux
Pour définir le rôle des maïeurs et échevins, nous avons emprunté les explications données par un historien namurois, Jean-Louis ANTOINE. Elles ont été publiées dans la revue "Namur-Magazine" de septembre 2006, à l'occasion des élections communales.
Au Moyen Âge, le gouvernement de la ville est assuré par un organisme qui s'appelle la Haute Cour ou l'échevinage, et comprend six, puis sept échevins présidés par un individu que les textes latins nomment « villicus » et ceux rédigés en français « maire ». La connaissance que nous en avons est tributaire de l'état des sources écrites. Or, celles-ci sont malheureusement fort pauvres avant le 13è siècle et, par conséquent, la genèse et la mise en place de l'institution nous échappent quasi complètement.
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Etymologiquement parlant, le villicus, c'est celui qui s'occupe de la villa, l'intendant qui gère le domaine au nom du maître. Et de fait, le maire et les échevins sont désignés par le seigneur du lieu. A Namur, en l'occurrence, il s'agit du comte, au nom duquel ils rendent la justice, et qui peut aussi les révoquer. Il n'est donc absolument pas encore question d'une représentation populaire. Quant à « maire », terme toujours usité en France pour désigner le premier magistrat municipal, il provient du latin « major » qui signifie plus grand, plus important et traduit la prééminence de celui qu'il désigne au sein de l'échevinage. « Major » a aussi engendré le wallon « mayeur » ou « maïeuf » ainsi que l'anglais « mayor », (un fait est plus important qu'un lord-maire !) qui ont le même sens que « maire ». Major, le grade militaire ou « majordome » (major domus, c'est-à-dire celui qui remplit la plus importante fonction dans la maison) ont la même provenance. Le mot « échevin », quant à lui, est d'origine germanique et aurait le sens initial de « juge ».
La fonction principale de la Haute Cour est effectivement d'ordre judiciaire. Mais pas seulement. En principe, toutes les transactions immobilières relatives à des biens situés dans son ressort doivent, pour être valables, être enregistrées devant elle. Pour assurer cette tâche considérable, les échevins sont assistés d'un greffier, chargé de mettre par écrit tant les décisions de la Haute Cour que les actes qui sont passés devant elle mais aussi de garder et classer les archives communales. C'est, en quelque sorte, l'ancêtre du secrétaire communal.
Par ailleurs, maire et échevins sont exclusivement choisis au sein de l'élite sociale et financière de l'agglomération, ce qu'on appelle le patriciat, composé de ceux qui ne sont pas de métier, c'est-à-dire ceux qui vivent de leurs rentes. Mais, progressivement, d'autres catégories du corps social vont s'organiser et obtenir le droit d'être représentées, sans doute en négociant durement les contributions financières qui leur sont régulièrement demandées par le comte.
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Les élus sont nommés pour un an, leur renouvellement s’effectuant à la Saint-André, c’est-à-dire le 30 novembre. Au milieu du 16è siècle, l’élu issu du patriarcat, qui remplit les fonctions de receveur et de trésorier de la Ville, va prendre le nom de bourgmestre. L’élu issu des métiers s’occupe, lui, plus particulièrement de la police des rues et de la surveillance des édifices. C’est ainsi qu’à partir de cette époque, on verra siéger côte à côte un maire et un bourgmestre.
Cette composition du Magistrat (mayeur, échevins, greffier, jurés, élus) va subsister jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Comme nous l’avons vu, on est encore loin de la démocratie telle que nous la connaissons. Il faudra attendre l’importation des valeurs citoyennes prônées par la République française pour que s’amorce le processus d’une véritable représentation populaire dont la mise en place prendra encore de nombreuses décennies.
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