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Chaumont-Gistoux
Tableau 3 de 1789 à 1830
A partir de 1795 la Révolution française gagne nos régions et nous basculons dans le «Régime Français». La loi du 25 septembre 1792 votée en France n'est appliquée chez nous qu'en 1796. Elle instaure l'État-Civil qui organise les registres de «Naissances, Mariages Décès» (N.M.D.) qui vont progressivement prendre le pas sur les registres de «Baptêmes Mariages Sépultures » (B.M.S.) tenus depuis le Concile de Trente dans les paroisses. Après la défaite de Waterloo, nous retournons dans le «Régime Hollandais», pas pour très longtemps d’ailleurs. Ce troisième tableau couvre ces deux régimes.
La période de l’occupation française est connue pour être une période troublée et on pourrait légitimement penser qu’elle a eu une forte incidence sur l’évolution de la population dans la commune qui à l’époque faisait partie du département de La Dyle. A la lecture de ce tableau on constate qu’il n’en est rien et que les naissances, globalement, sont restées largement excédentaires par rapport aux décès. Il semble y avoir eu un problème de registre en 1797 car cette année-là un seul décès a été enregistré ce qui semble peu probable.
Deux périodes de crise sont cependant à relever. En 1801 tout d’abord avec un excédent de sept décès par rapport aux naissances. Le curé de l’époque ne signale rien de particulier si ce n’est le décès de 9 enfants de moins de trois ans. Une explication pourrait aussi être trouvée dans des conditions climatiques difficiles sur le nord de l’Europe. Les récoltes ont été fortement compromises par un printemps 1800 pourri, suivi d’un été froid avec d’énormes pluies. S’ensuit une période de disette qui se traduit à Chaumont et ailleurs par une baisse du nombre des naissances et des mariages et une hausse du nombre de morts.
En 1810, 56 décès sont enregistrés pour 36 naissances seulement. Ici aussi on trouve une explication dans les annotations du curé puisque parmi ces décès on relève 17 cas de dysenterie et 13 décès d’enfants de moins de trois ans.
Aucune période de crise n’est relevée sous le régime hollandais même si on constate une forte recrudescence des décès l’année qui a précédé la déclaration d’indépendance de ce qui allait devenir la Belgique. Emmanuel Le ROY LADURIE relève que l’hiver 1829-1830 correspond à un des plus grands hivers qu’ait connu l’Europe depuis 1500. Il cite Paris en exemple où on dénombre, de novembre 1829 à mars 1930, pas moins de 77 jours de gel, dont 32 consécutifs. Ce drame météorologique aura d’ailleurs des conséquences sur les approvisionnements et le prix des denrées de base dans les années qui l’ont suivi.
Trente-quatre porteurs du patronyme FLEMAL sont décédés pendant cette période.
Cette petite enquête démographique localisée sur Chaumont-Gistoux démontre bien modestement que dans la recherche des conditions de vie de nos ancêtres l’étude du climat qu’ils ont connu ne doit pas être négligée.